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22 octobre 2026

Le communautaire « à boutte » : les organismes réclament une rencontre avec Caroline Simard.

Les acteurs du milieu communautaire de la région se sont rassemblés ce jeudi 22 octobre à la place du Citoyen de Baie-Saint-Paul, à l’occasion de la Semaine nationale de l’action communautaire autonome (SNACA). L’événement, orchestré par le mouvement Le communautaire à boutte Charlevoix, visait à sensibiliser la population et les acteurs politiques aux réalités et aux revendications des organismes locaux.

Pendant deux heures, les participants ont mis en lumière la contribution essentielle des organismes du territoire, qui interviennent quotidiennement en prévention et en soutien social auprès des citoyens.

Un appel pressant pour un financement récurrent et axé sur la mission

Représentant une trentaine d’organismes de Charlevoix, Cassandre Lessard, directrice de la Maison des jeunes des Éboulements, et Geneviève Boily, responsable d’interventions au CALACS de Charlevoix, ont profité de ce rassemblement pour dresser un constat alarmant sur l’épuisement du réseau et la précarité des modes de financement actuels.

« Ça fait 30 ans qu’on essaie de défendre le financement à la mission et non par projet. Ce n’est pas de nouvelles revendications. On s’attend à s’asseoir avec elle, avoir un moment pour vrai pour qu’elle puisse porter ça. C’est sûr que son parti a rien nommé pendant la campagne électorale à notre égard, donc on souhaite avoir une oreille attentive de sa part, mais surtout qu’elle porte ça, qu’elle nous porte, qu’elle nous amène jusqu’à l’Assemblée nationale. »

Les intervenantes ont également tenu à rappeler le rôle fondamental et préventif joué par le milieu communautaire pour éviter la surcharge des services publics :

« Nous, on travaille généralement en prévention, avant que ça tombe dans le curatif, avant qu’il arrive dans le système de santé. Travailler en prévention, c’est difficile de mettre des chiffres là-dessus parce que les impacts, on ne les connaît pas sur le moment, mais à long terme, on le sait que c’est un investissement auprès du gouvernement d’injecter des sommes dans le communautaire. »

Elles dénoncent également l’alourdissement administratif imposé par la gestion par projets ponctuels :

« C’est souvent des financements par projet : des projets d’un an, de 6 mois, 1 an, 2 ans. On ne peut pas, ce n’est pas pérenne. On est tout le temps en train de refaire des demandes de subvention pour des besoins existants auxquels on veut répondre. C’est un travail de plus, donc « à boutte » aussi de faire de la reddition de comptes. On a besoin de reconnaissance puis d’avoir justement l’autonomie. »

Une mobilisation forte et une invitation en attente

Face aux listes d’attente et à l’augmentation des besoins sur le terrain, les porte-parole affirment ressentir un soutien populaire croissant et entendent bien maintenir la pression sur les décideurs politiques :

« On se dit qu’on ne veut pas lâcher la pression, on veut continuer à être visibles, en particulier aujourd’hui, mais on veut aussi éventuellement rencontrer la nouvelle députée pour faire valoir les revendications qu’on demande encore et toujours. (…) On garde espoir, sinon on ne serait pas là aujourd’hui à continuer à revendiquer. Il y a quand même eu des gains, mais plus par rapport à l’appui de la population. Le mouvement augmente, d’année en année. »

En marge de ce rassemblement, le comité d’organisation a réitéré son souhait de s’asseoir avec la députée de la circonscription, Caroline Simard. Bien qu’une invitation officielle lui ait été transmise afin d’échanger sur les dossiers prioritaires de la région, les organisatrices ont indiqué n’avoir reçu aucune réponse de sa part au moment de la tenue de l’événement, tout en espérant qu’elle répondra rapidement à cet appel.

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Photo : Jean-François Desgagnés/MPC

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Geneviève Boily, responsable d'interventions au CALACS de Charlevoix et Cassandre Lessard, directrice de la Maison des jeunes des Éboulements. Photo : Jean-François Desgagnés/MPC

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