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14 septembre 2026

LETTRE OUVERTE- Syndicat des travailleurs et des travailleuses du papier de Clermont (CSN).

Depuis le 28 août dernier, lorsqu’on arpente les rues de la région, on peut contempler le visage de celles et ceux qui aspirent à devenir nos prochains représentants au gouvernement provincial.

Ici, dans Charlevoix, les candidats tentent de se démarquer. Tous prétendent connaître la circonscription et ses enjeux. Mais de quelle réalité parlent-ils? Celle de l’Île-d’Orléans, de la Côte-de-Beaupré, de Charlevoix-Ouest ou de Charlevoix-Est?

On va se dire les vraies choses : la réalité de l’Île-d’Orléans, avec ses pommes si convoitées à l’automne, est bien différente de celle de Baie-Sainte-Catherine avec son traversier. D’un côté, on répare un pont; de l’autre, on en demande un depuis 100 ans.

Depuis 2024 — pour ne pas dire depuis la fin des années 1980 — le Syndicat des travailleurs et travailleuses du papier de Clermont (CSN) multiplie les interventions pour préserver les emplois de qualité de la région et dénoncer le manque de vision à long terme entourant l’avenir de l’usine de Clermont.

Il y a urgence.

Depuis la fermeture de la Poulette Grise en 1997, plus de 500 emplois industriels ont été perdus dans la région et, jusqu’à tout récemment, on voyait bien peu de plans pour combler ce vide.

On ne peut pas dire que rien n’a été tenté. Des projets ont été envisagés. Mais disons qu’on peut se questionner sur le sérieux d’une pisciculture à l’usine!

À la fin de 2024, le vent a semblé tourner. Une étude commandée par la MRC visant l’implantation d’une turbine au barrage des Chutes a été effectuée. Le projet n’a jamais vu le jour, mais certaines avenues demeurent étudiées.

La même année, plusieurs acteurs régionaux ont multipliés les sorties afin de ramener le train de marchandises sur les rails de Charlevoix et une étude est présentement en cours en ce sens!

Le STT du Papier de Clermont croit fermement que ce projet pourrait aider le Chemin de fer Charlevoix à rentabiliser son infrastructure, solidifier les bases du Train de Charlevoix, raviver un secteur ferroviaire disparu depuis trop longtemps et, surtout, consolider des emplois de qualité.

Pendant ce temps, certains préféreraient enlever les rails pour les remplacer par une piste cyclable.

Un sondage pratiquement international aurait récolté quelque 1 500 signatures, de Rivière-Malbaie jusqu’en Abitibi. J’aurais bien ajouté Hong Kong, mais loin de moi l’idée de faire des QUOLIBETS!

Il aurait été intéressant d’ajouter une question au sondage :

Pensez-vous que le retrait du chemin de fer pourrait nuire au développement forestier et industriel d’une région comme Charlevoix déjà fortement fragilisée?

À l’aube des élections, les travailleurs demandent maintenant des actions.

Qui osera lever les obstacles qui nuisent à une santé économique viable à long terme pour l’ensemble de Charlevoix, de Saint-Tite-des-Caps jusqu’à Baie-Sainte-Catherine?

Quels engagements les candidats sont-ils prêts à prendre pour CHARLEVOIX-EST, autres que ceux liés au tourisme?

Tous les chefs sont unanimes : « Nous allons, nous allons, nous allons… »

Mais ce que nous voulons savoir, c’est : allez-vous nous aider, ici, dans la région?

Présentement, les poteaux sont pleins de pancartes. Ce n’Est pas de cela que nous avons besoin comme représentant! Ce qu’il nous faut, c’est quelqu’un qui défendra nos intérêts bec et ongles.

Si demain matin l’usine de Clermont disparaît, c’est plus de 10 % du budget de la Ville qui disparaît avec elle.

Est-ce assez important pour prendre action avant qu’il soit trop tard?

Après Beaupré, Baie-Comeau, Amos, La Baie, FF Soucy, Rivière-du-Loup, Donnacona, La Belgo, la scierie des Outardes, etc., etc., etc., combien en faut-il encore?

Faut-il vraiment une fermeture pour se rendre compte qu’on existe?

Le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) vient de publier ses demandes prioritaires pour cette élection : moderniser le régime forestier, renforcer la compétitivité et les investissements, développer les marchés du bois québécois et bâtir des partenariats durables avec les Premières Nations.

Dans Charlevoix, ces enjeux sont PRIORITAIRES si nous voulons donner un avenir à la foresterie.

Le régime forestier : Ça fait assez longtemps que ça traîne. Québec doit réunir les acteurs concernés, y compris les Premières Nations, et trouver des solutions durables.

Du papier sans copeaux, c’est comme du pâté chinois sans patates : ça ne se fait pas!

La compétitivité et les investissements :

Quand est-ce qu’un politicien va enfin s’engager à mettre sur pied une véritable table de travail avec les compagnies forestières, les travailleurs et les acteurs économiques de la région afin de déterminer ce qu’il est possible de faire et, surtout, comment Québec peut contribuer?

Que ce soit pour Clermont, Saint-Hilarion ou les travailleurs forestiers œuvrant notamment sur les terres du Séminaire, développer le marché du bois passera nécessairement par la transition, la modernisation et les investissements.

Mais pour ça, il faut commencer par se parler et chercher des solutions.

Le rapport du CIFQ souligne également l’importance de prioriser le transport ferroviaire. Nous avons justement une infrastructure ferroviaire dans Charlevoix. La conclusion de l’étude devrait bientôt être dévoilés. Si celle-ci est positive, la question sera simple : êtes-vous prêts à vous engager à remettre le transport de marchandises sur les rails?

Aujourd’hui, nous demandons donc aux candidats de Charlevoix–Côte-de-Beaupré de prendre des engagements clairs :

  1. Défendre une modernisation du régime forestier afin d’assurer l’approvisionnement, la compétitivité et l’avenir des installations industrielles de Charlevoix.
  2. S’engager à mettre sur pied une table de travail régionale réunissant gouvernement, industrie, syndicats, travailleurs et acteurs forestiers afin d’établir un véritable plan de développement industriel pour Charlevoix.
  3. Protéger le corridor ferroviaire et travailler concrètement au retour du transport de marchandises dans Charlevoix.

Nous voulons des engagements.

Et après l’élection, nous voulons surtout qu’on passe de la parole aux actes.

L’économie de Charlevoix ne peut pas reposer éternellement presque uniquement sur le tourisme. Nos industries, nos travailleurs et nos communautés méritent eux aussi une vision à long terme.

On veut du concret!

Eric Marinoff
Président
Syndicat des travailleurs et travailleuses du papier de Clermont (CSN)

L’exécutif syndical ainsi que tout les travailleurs

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L'usine de Clermont dans Charlevoix. Photo d’archives : Jean-François Desgagnés/MPC

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