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24 septembre 2026
Rencontre du secteur communautaire : des candidats à l'écoute, mais peu de réponses précises.
C’est ce matin qu’avait lieu, à la grande salle de la Maison Mère de Baie-Saint-Paul, une rencontre électorale réunissant le milieu communautaire de Charlevoix et de la Côte-de-Beaupré ainsi que quatre candidats de la circonscription : Mme Kariane Bourassa (CAQ), Mme Caroline Simard (PCQ), Mme Dulce Vivar (QS) et M. François Gariépy (PQ), qui avaient tous accepté l’invitation.
Organisé par le comité « Le communautaire à boutte » représenté notamment par Lucie Carré, directrice générale de L’Éveil, cet événement visait à adresser aux candidats des questions provenant directement des organismes communautaires sur les réalités et enjeux du territoire : précarité, logement, itinérance, santé mentale, transport, réalité rurale, soutien au communautaire, inclusion sociale et prévention.
Un déroulement encadré et des temps de parole délimités
L’animation de la rencontre, qui a duré presque deux heures, était assurée par le journaliste Félix Côté. Bien qu’il ne s’agissait pas d’un débat formel, puisqu’il n’y avait pas d’interactions directes entre les candidats sur les questions , l’exercice en avait tout l’air.
À leur arrivée, les candidats de tous les partis présents semblaient ne pas être au courant que la rencontre serait médiatisée.
Au fil des blocs thématiques, les candidats ont quand même répondu au meilleur de leur savoir. Cependant, leurs interventions se sont inscrites dans un esprit de solutions concrètes nébuleuses, mentionnant à quelques reprises des expertises ou des expériences personnelles qui semblaient n’apporter guère de surplus au débat.
Un moment d’émotion vive en fin de rencontre
Durant la période de questions réservée aux organismes, Isabelle Caron a pris la parole avec une émotion vive pour aborder la crise des féminicides et des violences conjugales :
« Cette année le Québec dénombre 14 féminicides en contexte conjugal, peut-être 15 depuis hier… C’est sans compter les femmes qui ont failli perdre la vie mais qui ont survécu. C’est sans compter toutes les femmes qui devront vivre avec les séquelles de la violence à long terme. Excusez-moi… Comment votre parti entend-il s’attaquer à la violence conjugale? Il y a une crise des féminicides. »
À la suite de cette question adressée à l’ensemble des candidats, les réponses se sont enchaînées :
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Kariane Bourassa a souligné qu’il s’agissait d’un sujet sensible et a mentionné des mesures comme la mise en place des bracelets anti-rapprochement, les tribunaux spécialisés pour la violence conjugale ainsi que le financement accordé à la Maison La Montée. Elle a ajouté qu’au-delà des chiffres, l’important était d’avoir les ressources au bon moment.
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Une intervenante dans la salle est intervenue pour préciser que les organismes travaillant directement auprès des auteurs de violence conjugale manquaient de financement et n’étaient pratiquement pas présents ni financés dans le cadre des tribunaux spécialisés.
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Dulce Vivar a indiqué qu’il fallait faire de la prévention et de la sensibilisation dès le plus jeune âge (écoles primaires, maisons des jeunes) et a rappelé que Québec solidaire avait amené la loi Gaby-Renault pour prévenir les féminicides.
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François Gariépy a exprimé que la sensibilisation ne devait pas reposer uniquement sur les femmes, mais qu’il fallait s’occuper des jeunes hommes face à la détresse et à la montée du masculinisme sur les réseaux sociaux, en investissant dans la prévention et des programmes comme Demain les hommes.
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Caroline Simard a affirmé que la violence conjugale était un enjeu de société majeur exigeant de la prévention et de la sensibilisation, tout en rappelant son soutien passé aux organismes comme la CALACS durant son mandat de députée.
- extrait en périodes de questions.
Un bilan mitigé et des réponses timides
Au terme de l’événement, le résultat de la rencontre demeurait peu clair et laissait place à un sentiment d’insatisfaction. Les organisatrices ont déploré un manque de réponses concrètes de la part des élus et un déroulement sans cadre net qui aurait pu s’éterniser.
En entrevue, Lucie Carré a exprimé une satisfaction mitigée :
« Les sujets tant qu’à moi, on aurait aimé plus qu’ils soient régionaux, donc qu’est-ce qu’ils vont faire au niveau régional pour nous… C’est sûr qu’ils n’ont pas été pointus dans nos réalités régionales assez pour moi, mais je suis quand même en général satisfaite au moins qu’on ait eu la parole. … C’est bien de relier à leur vécu, mais moi ce que j’aurais voulu c’était plus du concret. »
Lucie Carré.
De son côté, Isabelle Caron directrice de La Maison Montée, a regretté que la crise des féminicides ne soit pas abordée de façon plus centrale dans les débats généraux et a rappelé les besoins de financement à long terme :
« Il y a une crise des féminicides puis ça n’a pas été abordé dans les autres débats qu’on a entendus… Ça appartient aussi évidemment au gouvernement d’amener des mesures concrètes pour agir. […] Si les investissements n’arrivent pas au niveau des maisons d’hébergement, éventuellement il va falloir faire des coupures au niveau du personnel puis on ne veut pas en arriver là. »
Malgré ces déceptions quant aux réponses obtenues, Mme Caron a conclu en soulignant que cette journée démontrait « la preuve de la force du communautaire dans Charlevoix ».
Isabelle Caron.
