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15 septembre 2026
Entre bilan et priorités- Entretien de fond avec Kariane Bourassa.
Dans le cadre de la campagne électorale provinciale au Québec, la députée sortante de la circonscription de Charlevoix–Côte-de-Beaupré et ministre au sein de l’équipe de Christine Fréchette (Coalition Avenir Québec), Kariane Bourassa, s’est prêtée à une entrevue de fond. Solide dans ses dossiers et démontrant une connaissance fine des enjeux locaux, la candidate de la CAQ sollicite un nouveau mandat en s’appuyant sur un bilan d’investissements majeurs et sur une présence soutenue dans la région.
D’entrée de jeu, l’entretien a permis d’aborder un enjeu identitaire et administratif qui anime le débat local : la place de Charlevoix au sein de la région administrative de la Capitale-Nationale (région 03). À la suite d’une pétition déposée dans les deux MRC, la candidate est revenue sur la démarche et sur les gains concrets obtenus en travaillant à faire reconnaître les particularités de la région :
« Pour l’instant c’est municipal, ce n’est pas encore monté au niveau du provincial. La seule chose que je peux dire… je pense qu’il va y avoir un positionnement qui doit se faire au niveau des villes et des MRC avant. Nous, on est toujours à l’écoute. Il faut comprendre, c’est sûr qu’il y en a qui disent : Charlevoix devrait être une région en soi. Entre 600 000 et 800 000 personnes dans la Capitale-Nationale, 30 000 personnes dans Charlevoix, on ne peut pas devenir une région. Mais effectivement, moi je pense qu’on peut aller chercher des gains. Ce que j’ai fait avec les agriculteurs, c’est majeur. […] Charlevoix, on est dans la Capitale-Nationale, mais on est considérés maintenant comme une région périphérique. Ça, c’est une bataille que j’ai menée avec l’UPA d’ici. Ce que ça va changer, c’est majeur : ça veut dire que les gens de Charlevoix vont pouvoir déposer pour les programmes deux semaines avant tout le monde, donc ils sont sûrs d’avoir de l’argent encore dans la cagnotte. Ensuite de ça, les montants qu’ils peuvent avoir sont plus importants parce qu’on prend en compte du fait qu’ils sont éloignés, que la topographie est différente, qu’il y a une réalité qui est différente. Donc ce qu’on est allé chercher, les particularités de Charlevoix, c’est ça qu’une bonne députée doit faire. Elle doit aller chercher la particularité puis se battre pour faire reconnaître cette unicité-là. »
Entrevue avec Kariane Bourassa. Extrait no 1.
Traversées et réfection des quais : « Il faut savoir ce que ça implique »
Parmi les dossiers d’infrastructures prioritaires, la question de la desserte maritime ainsi que la réfection des quais de Saint-Joseph-de-la-Rive et de l’Isle-aux-Coudres a occupé une place centrale lors de l’entretien. Évoquant les réflexions financières et techniques entourant les projets à long terme, Mme Bourassa s’est exprimée directement sur l’historique et les démarches en cours :
« Là où on refait les traversées pour les 50-100 prochaines années, c’est pas une décision à prendre à la légère. Le premier chiffre qui a été évoqué, c’est un milliard. Imaginez : 1 milliard de dollars. Nous on a dit, à l’époque c’était Greta Bédard, « retournez à la table à dessin, refaites-nous des plans qui sont plus en ligne avec la capacité de payer des citoyens. » »
« Puis au départ, il était zéro question de Cap au Diable, on refaisait le quai là où il était. Moi quand je suis arrivée, c’était ça. J’ai écouté les gens de l’Isle-aux-Coudres, j’ai écouté les gens du milieu des affaires, du milieu du tourisme, puis tout ce qu’on me demandait c’est : est-ce qu’on peut envisager cette option ? Et moi j’ai toujours dit ça : si on veut envisager cette option-là, faut savoir ce que ça implique. Parce qu’en ce moment il y avait oui des hypothèses au niveau de l’achalandage, des hypothèses au niveau des avantages socio-économiques, il y avait des avantages au niveau présumé au niveau des GES, mais on n’avait rien. »
« Fait que moi ce que j’ai fait, j’ai été travailler avec Bernard Drainville qui était ministre responsable de la Stratégie maritime, et on a dégagé, puis ça pas été simple, on a dégagé un montant pour dire là là, avant de prendre une décision qui va nous coûter des centaines de millions de dollars, on va au moins déterminer combien ça coûterait d’avoir une route. Parce qu’on s’entend que sans route y a pas de quai, faut pouvoir accéder au quai. »
« Les quais c’est sûr sûr sûr sûr que les quais vont être refaits, ça y a pas d’ambiguïté. Puis de toute façon, on a quand même commandé trois nouveaux traversiers qui s’en viennent là, trois nouveaux électriques… Les quais vont arriver bientôt, fait qu’il y a plusieurs réalités : faut adapter les quais aux bateaux qui s’en viennent, et ensuite de ça faut faire une grosse réflexion pour les prochaines années. »
Entrevue avec Kariane Bourassa. Extrait no 2.
Mouvement communautaire et lutte contre l’itinérance
Interpellée sur les attentes du milieu communautaire — notamment à la suite des démarches entreprises dans la région —, Kariane Bourassa a rappelé l’importance d’un financement axé sur la mission globale des organismes ainsi que le travail de prévention sur l’itinérance :
« Il y a de plus en plus d’itinérance cachée, on en parle : des gens qui dorment dans leur voiture, des gens qui dorment 2-3 jours chez des amis, qui brûlent leurs contacts, qui doivent aller… on en voit de plus en plus. C’est pour ça qu’on travaille… puis là c’est technique un peu, mais les PSL, vous savez c’est quoi ? Donc nous on travaille, notre vision là, c’est qu’on travaille aussi en amont. Ce qu’on fait plus dans la région de Québec, mais qui s’en vient aussi ici, on travaille la santé mentale, les problèmes de consommation. On travaille aussi les gens qui sont à veille de perdre leur logement puis qui pourraient se trouver dans la rue. Donc c’est là les PSL : c’est qu’on les aide à payer leur logement pour ne pas qu’ils soient évincés puis qu’ils se retrouvent dans la rue. Donc c’est pas juste travailler avec quelqu’un une fois qu’il est dans la rue, mais c’est travailler en amont pour pas qu’il se retrouve dans la rue. C’est là-dessus qu’on travaille aussi. »
Industrie forestière et usine de Clermont
Alors que les travailleurs de la papeterie de Clermont et leurs représentants sollicitent les candidats de la circonscription, Kariane Bourassa indique être en contact direct avec les acteurs du milieu, dont le Groupe Lebel, pour conjuguer protection environnementale et maintien de l’économie forestière :
« Dans Charlevoix, on a une particularité : on a des parcs nationaux, des aires protégées pour le caribou, et la topographie qui limite les possibilités de récolte. On travaille avec les gens du milieu et le ministère de l’Environnement pour harmoniser la protection du territoire et l’économie. Charlevoix, ce n’est pas juste le tourisme; on a une industrie forestière et de l’agriculture, et on ne peut pas mettre de côté un secteur au détriment d’un autre. »
Un bilan du terrain pour chaque municipalité
En conclusion d’entrevue, la candidate de l’équipe Fréchette a réaffirmé sa proximité avec le terrain et l’implication de son équipe auprès de la population :
« Je me présente avec les citoyens en leur disant : j’ai travaillé avec vous pour faire progresser les dossiers. Les gens peuvent maintenant voir de leurs yeux ce qu’on a fait. […] Une députée, ce n’est pas juste les grosses annonces comme l’hôpital de La Malbaie, il y a des petits dossiers : on a aidé monsieur et madame Tout-le-monde, deux aînés qui ont été séparés quand ils sont entrés en CHSLD puis on les a réunis ensemble… un monsieur qui avait un cancer du cerveau, on a aidé à ce qu’il ait la médication pour qu’il puisse se faire opérer, aujourd’hui il est encore avec ses enfants puis il est en santé. Ces petits dossiers-là, moi je pense qu’ils valent autant que l’hôpital de La Malbaie. C’est pour ça que je veux continuer. C’est tellement… aider les gens tous les jours, on ne peut pas gagner toutes les batailles, mais je vous jure que je mets toute l’énergie pour qu’on les gagne, puis mon équipe aussi. Puis moi je le dis : quand vous votez pour moi, vous ne votez pas juste pour moi, vous votez pour mon équipe. Mon équipe a de l’expérience, on est sur le terrain depuis quatre ans, on connaît les préoccupations, on connaît les citoyens, on connaît les élus, puis on va continuer à faire ce qu’on fait depuis quatre ans. »
