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7 octobre 2026
Inauguration, legs du 350e - Des bornes interactives pour faire résonner la mémoire collective de Petite-Rivière-Saint-François.
Dans le cadre des célébrations de son 350e anniversaire, la Municipalité de Petite-Rivière-Saint-François a procédé au dévoilement officiel de son projet de legs au parc des Riverains. Prenant la forme de trois bornes historiques tridimensionnelles équipées de codes QR, ce parcours interactif permanent met en lumière l’histoire, la mémoire collective et l’identité locale à travers les voix de celles et ceux qui ont façonné le village.
Inspirées du relief des montagnes et de l’environnement fluvial environnant, ces structures autoportantes à quatre faces intègrent des photographies d’archives, des récits historiques, ainsi qu’un système de rétroéclairage alimenté par des panneaux solaires.
Pour la municipalité, ce projet concrétise une volonté d’ancrer durablement la mémoire locale. « En fait, c’est un legs pour le 350e anniversaire de Petite-Rivière-Saint-François, on voulait laisser une trace de l’histoire de nos 350 ans », explique Roxane Duby, agente de développement économique et touristique à la municipalité. « Il y a un comité citoyen qui a été mis en place pour ce faire et il a été décidé de mettre en valeur l’histoire de Petite-Rivière-Saint-François. »
Des témoignages accessibles par code QR
Le concept repose sur un parcours d’interprétation où la technologie permet de donner directement la parole aux citoyens. En balayant les codes QR figurant sur les bornes, les visiteurs et résidents sont redirigés vers le site Web de la municipalité pour y écouter des capsules audio contenant des témoignages et anecdotes.
« Sur les trois bornes qui se situent au parc des Riverains, il y a des images et des textes, mais si on veut en savoir davantage, il y a un code QR qui nous permet d’avoir accès directement au site Web de la municipalité », détaille Mme Duby. « C’est là qu’on va pouvoir entendre les témoignages des citoyens et des vrais gens d’ici de Petite-Rivière-Saint-François. Il n’y a rien de mieux que d’avoir des témoignages et des gens de la place qui l’ont vécu, des anciens comme on appelle entre guillemets. Ça enrichit vraiment grandement le projet. »
Pour les usagers ne disposant pas d’un appareil mobile compatible lors de leur passage, l’intégralité des contenus audio et textuels demeure directement accessible en ligne sur le site de la municipalité.
La mémoire vivante des citoyens
Léopold Bouchard, résident et conseiller municipal, fait partie des personnes dont le témoignage alimente ce parcours patrimonial. Il souligne la forte fréquentation touristique du secteur et l’intérêt des visiteurs pour l’histoire locale.
« Les gens viennent, on a tellement de touristes maintenant, de différentes nationalités, de différents endroits, où on n’a personne pour leur raconter », constate M. Bouchard. « Puis là, avec ces bornes-là, ils vont pouvoir lire et voir. À l’occasion, moi je viens au quai puis j’essaie de répondre aux questions des gens. Des questions qui me sont posées : Pourquoi les bateaux venaient en flot? Pourquoi qu’il n’y avait pas de quai? Pourquoi qu’il y avait pas ci, il y avait pas ça?»
Se rappelant l’effervescence d’autrefois à la marée d’eau, Léopold Bouchard évoque l’importance de préserver cette mémoire commune. « Ce que j’aime, c’est qu’on relate l’histoire de la pêche à l’anguille, l’encanage d’anguilles à Maillard où il y avait une petite entreprise, les moulins, les scieries à bois, tout le monde participait. Je regardais ça, il y a des printemps où il y avait 14 ou 15 goélettes à marée haute. Je me rappelle la senteur de la peinture, il y a tellement de beaux souvenirs. Ils relatent les souvenirs, puis ils ont pas mal fouillé un peu partout pour secouer les souvenirs. On est bien contents, bien fiers de ça. »
Une conception sur mesure
La conception et la réalisation du projet ont été confiées au producteur délégué Artéfact urbain, qui a travaillé en concertation étroite avec le comité citoyen.
Jeanne Couture, directrice générale d’Artéfact urbain, revient sur la genèse de la démarche : « Nous, le projet a commencé il y a 12 mois. On a rencontré le comité citoyen pour le 350e, puis ils nous ont dit : « On veut des plaques d’interprétation historique, mais pas des plaques. Quelque chose d’original, quelque chose qui va faire jaser, qui va être différent. » »
C’est à partir de cette commande que la firme a imaginé une structure autoportante intégrée au paysage. « On leur a proposé un design de borne en trois dimensions, on est vraiment dans une espèce de sculpture à quatre faces. C’est inspiré d’un prisme, vraiment comme une roche qui sort du sol, on s’est inspiré des montagnes en arrière pour faire quelque chose qui est en lien avec l’environnement. Ce sont des bornes historiques qui sont rétroéclairées, on a un panneau solaire sur le dessus. Le soir, on va être dans une autre ambiance complètement, ça va vraiment être comme des petites géodes lumineuses. »
Soutien et partenaires
Réalisé au coût total de 85 000 $, le projet a bénéficié d’un soutien financier de Patrimoine canadien, via le programme Développement des communautés par le biais des arts et du patrimoine, ainsi que de la MRC de Charlevoix, par l’entremise du Fonds éolien de soutien au développement local et régional à hauteur de 42 250 $.
La réalisation a également mobilisé plusieurs partenaires régionaux, dont la graphiste et illustratrice Karine Deschênes, le Musée de Charlevoix, le Musée maritime de Charlevoix, le Centre d’archives régional de Charlevoix, ainsi que les membres du Comité citoyen des legs du 350e et de nombreuses familles locales.
