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1 septembre 2026
Lettre ouverte de Dulce Vivar – Pour une école publique québécoise forte.
À l’occasion de la rentrée scolaire 2026, la candidate de Québec solidaire dans Charlevoix–Côte-de-Beaupré, Dulce Vivar, signe une lettre ouverte vibrante en faveur du système d’éducation public.
Dans cet écrit aux accents intimes, Mme Vivar replonge dans son histoire personnelle, marquant son arrivée au Québec à l’âge de 11 ans. Elle y retrace son cheminement au sein de l’école publique francophone, un milieu qui a agi comme un véritable vecteur d’intégration et qui a forgé son sentiment d’appartenance à la société québécoise. Soulignant l’impact déterminant du filet social sur son parcours, elle livre une réflexion axée sur la nécessité absolue de préserver et de consolider l’école publique afin d’offrir les mêmes opportunités aux générations futures.
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Mon histoire, plaidoyer pour une école publique québécoise forte
Cette semaine, partout au Québec, des milliers d’enfants ont retrouvé le chemin de l’école. Pour les parents, la rentrée est une période chargée. Pour les enfants, elle est faite de retrouvailles, de nouveaux visages, d’une nouvelle classe et, pour certains, de leurs tout premiers pas à l’école.
Pour moi, chaque rentrée fait remonter une partie importante de mon histoire.
J’avais 11 ans lorsque je suis arrivée au Québec avec ma maman. Je venais du Mexique, où je suis née, et je ne parlais pas un mot de français. Mes frères et ma sœur sont venus nous rejoindre quelques mois plus tard.
Je suis arrivée en plein hiver. Je découvrais pour la première fois ce qu’était un habit de neige et je me souviens encore de mon étonnement devant tous ces choix de tuques. Ce sont de petits souvenirs aujourd’hui, mais ils racontent quelque chose de beaucoup plus grand : j’arrivais dans un monde complètement nouveau.
Ma mère avait fait un choix immense. Celui de quitter ce qu’elle connaissait pour offrir à ses enfants toutes les possibilités de construire leur avenir.
À 11 ans, je ne mesurais certainement pas toute la grandeur de ce geste. Je devais surtout apprendre une nouvelle langue, comprendre une nouvelle culture, me faire de nouveaux amis et trouver ma place dans un endroit qui allait tranquillement devenir chez moi.
C’est notamment à travers l’école publique francophone québécoise que j’ai pu le faire.
Petit à petit, j’ai appris le français. J’ai créé des liens. J’ai grandi. J’ai trouvé ma place.
Aujourd’hui, je peux le dire avec beaucoup de fierté : je suis une enfant de la loi 101.
Si j’ai pu faire ce parcours, c’est bien sûr grâce aux sacrifices et au courage de ma mère, mais aussi parce que des générations de Québécoises et de Québécois ont fait le choix de bâtir une société où l’éducation publique et notre filet social permettent à chacun et chacune d’avoir une véritable chance de s’épanouir.
Moi, la petite fille de 11 ans qui arrivait du Mexique sans parler français, j’ai bénéficié de ce Québec-là.
Ce Québec-là m’a permis de me sentir chez moi.
Aujourd’hui, je suis profondément fière d’être Québécoise. Fière aussi de mes origines, de mon histoire et de tout ce qui compose mon identité.
C’est pour cette raison que ça me touche autant de voir nos services publics s’affaiblir et notre filet social s’effriter. De voir remis en question ce que des générations ont mis tant d’énergie, de luttes et de solidarité à construire.
À force d’accepter leur détérioration, j’ai parfois l’impression que le Québec a perdu sa boussole.
Je veux que nous la retrouvions.
Je veux un Québec fier de son identité sans avoir peur de sa diversité. Un Québec qui rassemble. Un Québec où l’école publique demeure un formidable lieu d’émancipation et où chaque enfant peut sentir qu’il a sa place et qu’il peut rêver grand.
Comme Laure Conan, qui a contribué à faire rayonner Charlevoix dans la littérature québécoise, je crois à la force des mots et de la transmission. Enfant de la loi 101, je veux à mon tour contribuer à faire rayonner notre région et transmettre aux jeunes le goût de prendre leur place et de s’engager.
Cette volonté prend aujourd’hui un sens encore plus personnel pour moi parce que je suis maman à mon tour.
Mon fils est né ici, dans Charlevoix. C’est un petit Charlevoisien.
Quand je le regarde grandir, je pense au Québec que nous allons lui laisser.
Comme tant de parents, je souhaite qu’il puisse s’épanouir dans une société bienveillante, solidaire et durable. Je souhaite qu’il fréquente une école publique dont nous sommes fiers. Qu’il puisse compter sur des services publics forts. Qu’il grandisse dans une société qui croit suffisamment en ses enfants pour investir dans leur avenir.
C’est aussi pour cela que j’ai choisi de m’engager en politique et de porter les couleurs de Québec solidaire dans Charlevoix–Côte-de-Beaupré.
Parce que le Québec solidaire auquel j’aspire n’est pas une abstraction. J’en ai moi-même bénéficié.
C’est celui qui permet à une petite fille d’arriver ici à 11 ans sans parler un mot de français, d’apprendre notre langue, de grandir dans nos écoles, de prendre sa place et, un jour, de pouvoir dire avec émotion et conviction :
Je suis chez moi ici.
Ce Québec-là, je l’ai connu. Je sais ce qu’il peut rendre possible.
À notre tour maintenant de le protéger, de le renforcer et de le transmettre à celles et ceux qui viendront après nous.
Parce que oui, c’est possible.
Dulce Vivar
Candidate de Québec solidaire dans Charlevoix–Côte-de-Beaupré » » » » » » » » » » » » » » »
