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23 février 2026

Un sondage mené auprès des paramédics de la Capitale-Nationale, membres de syndicats CSN, révèle qu’une forte majorité d’entre eux songent à quitter leur employeur actuel.

Au total, 209 paramédics de la région ont répondu au questionnaire de la CSN. Parmi les répondants, seulement 74 estiment qu’ils seront toujours à leur poste dans cinq ans. Pas moins de 102 envisagent un changement de carrière d’ici les cinq prochaines années. Sept répondants comptent prendre leur retraite d’ici cinq ans.

« C’est un signal d’alarme qu’il faut prendre au sérieux », prévient le président de l’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH–CSN), Frédéric Maheux. « Actuellement, ce qu’on observe dans le secteur c’est que beaucoup de paramédics font le choix d’aller ailleurs après seulement quelques années de carrière. On peut comprendre ce choix. Les paramédics ont tous une formation collégiale au minimum. Ils vivent un niveau élevé de stress lié à l’emploi, des surcharges de travail, des risques physiques et psychologiques… quand ils comparent leur salaire et leurs conditions de travail à ce qui est offert ailleurs, le secteur préhospitalier n’est vraiment pas concurrentiel… Qu’il s’agisse des travailleurs des autres services d’urgence, de leurs collègues du réseau public de santé et de services sociaux, voire des conducteurs de véhicule lourds, tous ces travailleurs et travailleuses reçoivent un salaire plus en phase avec leur réalité. »

La dernière augmentation de salaire des paramédics remonte au 1er avril 2022. Ils sont sans convention collective depuis le 1er avril 2023. En grève depuis le 6 juillet, avec maintien des services essentiels, les paramédics de la CSN ont pris part à une cinquantaine de rencontres de négociation. Au cœur des enjeux qui demeurent en négociation : l’établissement d’un juste salaire pour les paramédics, la surcharge de travail et l’accès à certaines mesures octroyées par le gouvernement à d’autres groupes de la santé et des services comme la bonification de certaines primes et de la rémunération des heures supplémentaires.

Retenir la relève
Le principal défi de main-d’œuvre dans le secteur préhospitalier est de convaincre la relève d’y faire carrière. Malheureusement, les paramédics du Québec sont nombreux à quitter le secteur après y avoir travaillé quelques années. La rémunération inadéquate, la surcharge de travail et les conditions difficiles, autant physiques que psychologiques, expliquent cette difficulté que connaît le réseau à conserver la main-d’œuvre.

Sur les 209 personnes sondées, à peine une vingtaine dit demeurer à l’emploi en raison des conditions de travail. «Comme président du Syndicat des paramédics de Charlevoix–CSN, je ne peux pas dire que ça m’étonne », poursuit Kevin Côté. « Les paramédics ne se sentent pas respectés par le gouvernement qui laisse traîner les négociations en longueur et agit comme s’il tenait tous les paramédics pour acquis. Le coup de sonde que nous avons mené devrait le convaincre au contraire qu’il y a urgence d’agir. »

« À moins d’un changement de cap immédiat de la part du gouvernement, c’est toute la population de la région qui finira par faire les frais des mauvais choix de la CAQ », réagit la présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches–CSN, Barbara Poirier. Décidément, ce gouvernement a un drôle de sens des priorités : « S’assurer qu’il y aura toujours des paramédics prêts à intervenir dans toute situation d’urgence devrait être au sommet de ses préoccupations. »

Source : L’Association des Travailleurs du Préhospitalier–CSN.

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Photo d’archives : Jean-François Desgagnés/MPC

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